Actualités
13 décembre 2020
Le mot du Doyen Adam
Troisième dimanche de l'Avent
Crier dans le désert, c’est crier pour rien parce que la voix se perd dans l’immensité, il n’y a pas de récepteur ou d’oreille pour entendre, il n’y a pas d’écho pour répondre. Ce qui est cependant étonnant c’est que 20 siècles plus tard la voix de Jean Baptiste résonne encore à nos oreilles ! Les parents n’ont-ils pas parfois aussi cette impression de parler dans le désert, de répéter 1000 fois la même chose et de n’être pas entendus ? C’est souvent bien des années après qu’ils se rendent compte que leur message est finalement bien passé. Une parole n’est jamais vaine, elle produit toujours un effet. Tout au long de l’histoire, des femmes et des hommes ont aussi élevé la voix pour réagir, dénoncer les injustices. Pensons à Saint François d’Assise, Saint Vincent de Paul, l’Abbé Pierre, sœur Emmanuelle qui ont été des prophètes de leur temps. Eux aussi ont crié dans le désert, rarement ils ont été compris ou entendus et pourtant ils ont marqué non seulement leur époque mais des siècles. Il leur a fallu d’abord prendre du recul par rapport au monde dans lequel ils baignaient pour ensuite dénoncer le mal et préparer, ouvrir des chemins de solidarité. Aujourd’hui le monde a toujours besoin de ces voix prophétiques qui osent ramer à contre courant et crier, même s’il leur semble que c’est dans le désert. Les appels à notre bon cœur sont innombrables, il y a parfois de quoi se décourager et nous avons envie de dire : ce que je fais ou ce que je donne n’est jamais qu’une goute d’eau dans un océan de misère. Mais ne pourrions-nous pas plutôt dire que c’est une semence jetée en terre et qui va porter du fruit, car il suffit parfois d’un simple geste d’accueil, de générosité, d’attention, d’un sourire, une parole aimable… pour engendrer une espérance et donner à celui ou celle qui est dans la détresse, le courage de poursuivre ce que notre générosité n’aura fait que commencer. Avec confiance, une voix qui crie dans le désert, un simple geste peut avoir des effets démesurés. Notre troisième bougie, allumée à notre fenêtre, ce soir entre 18 et 19h, peut être aussi cette voix qui « crie » notre communion, notre espérance et qui, dès ce soir, annonce « une joie pour tous les peuples ». Prenez soin de vous et de vos proches. Adam
Article publié par Nathalie Ferreira • Publié le Samedi 12 décembre 2020 - 16h06 • 350 visites

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